Collège National d'Audioprothèse

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Audiométrie vocale dans le silence

Frank LEFÈVRE

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A partir de quels résultats avec les appareils auditifs doit-on orienter un patient vers un implant cochléaire ?

F.L. : Pour poser l'indication d'un implant cochléaire, il est nécessaire d'utiliser un test phonétique. Le test de Fournier ne peut être employé à cette fin. Evidemment, si un patient obtient moins de 50 % d'intelligibilité avec le test de Fournier, il est certain qu'il sera éligible à une indication d'implant cochléaire. En revanche, s'il obtient 70 ou 80 % d'intelligibilité avec ce même test, vous l'ignorez. Il est alors nécessaire d'utiliser un test phonétique qui permette de quantifier le score de phonèmes reconnus. Le critère consistera à obtenir moins de 50 % de phonèmes reconnus à 60 dB SPL en champ libre, avec un appareillage optimisé pour poser l'indication d'implant cochléaire.

La HAS recommande d'utiliser le test dissyllabique de Fournier avec un critère de 50 %. Si nous adressons à notre équipe d'implant cochléaire le test normal dissyllabique de Fournier qui indique 70 % et un beau test de Lafon qui indique 30 %, comment nous situons-nous ?

F.L. : Un professeur d'ORL m'a fait lire ce texte. Il est écrit : utiliser le test cochléaire de Fournier ou équivalent. Cela a été fait exprès. Un professeur d'ORL estime qu'un test phonétique doit être pratiqué, soit le test cochléaire de Lafon ou un équivalent.

Pourquoi commencer les mesures avec les aides auditives puis sans les aides auditives ?

F.L. : Il est également possible de commencer sans les aides auditives, puis avec. Le test dure moins de dix minutes. Le phénomène de fatigabilité est donc exclu. Lorsque je rencontre un patient pour la première fois, je réalise une courbe de score du test syllabique oreilles nues, sans qu'il soit appareillé. Je peux ainsi lui montrer dans le silence son écart par rapport à la normale, alors qu'il prétend qu'il n'a aucune difficulté dans le silence. Je vais ensuite l'appareiller et refaire le test avec appareillage. Il convient de réaliser ces deux tests. En revanche, je suis convaincu que changer l'ordre n'impacte pas les scores.

Quelle correction de réglages appliquer suite au relevé de confusions phonémiques ? Des erreurs récurrentes peuvent-elles être corrigées ?

F.L. : Le test syllabique et de la TEC a été créé il y a une dizaine d'années pour analyser les défaillances de perception des enveloppes temporelles de la parole. Il demande un travail énorme de prospection et d'analyses statistiques sur de très grands nombres. Nous n'avons pas encore pu établir de lien exact entre telle défaillance de perception d'enveloppe temporelle et la nécessité de procéder à tel réglage d'appareil auditif. Nous suivons différentes pistes. Peut-être devons-nous diminuer la compression et le gain pour donner du contraste aux enveloppes temporelles pour améliorer la perception de la profondeur de modulation des enveloppes temporelles ? Nous n'avons pu le prouver scientifiquement.

Quel est l'intérêt de tester à très faible intensité, avec des vocales à 35 dB, par exemple ?

F.L. : Des patients se plaignent de ne pas comprendre la voix faible. Il convient de chiffrer cette défaillance et d'expliquer au patient qu'il n'aura plus accès à la voix chuchotée. Des réglages ne changeront rien à son problème.




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