Collège National d'Audioprothèse

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Conditions matérielles et techniques

Joël DUCOURNEAU / Alexandre GAULT

Sondage

Nous vous demandons :

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77 votes reçus

Pour le premier sondage, la réponse "sons wobulés" l'emporte largement.

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69 votes reçus

Pour le deuxième sondage, vous avez bien écouté l'exposé.

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94 votes

Pour le troisième sondage, la bonne réponse était la dernière. Il convient d'être attentif à ce que nous mesurons et de prendre du temps supplémentaire lorsqu'un nouvel appareillage est commercialisé.

Comment traiter une cabine qui présente une résonance dans les basses fréquences ?

J.D. : Cette opération demeure délicate. Les basses fréquences posent problème. Nous l'avons constaté avec le BESA. Il existe néanmoins des solutions. Les diffuseurs de Schroëder, qui se trouvent assez facilement, cassent les ondes stationnaires et les résonances dès 500 et 800 jusqu'à 4 000 Hz. Certains sont dédiés aux basses fréquences. Ils sont plus difficiles à se procurer.

Il est possible de recourir à la technique de l'effet membrane. Elle permet d'amortir toutes les basses fréquences. Elle consiste en une paroi plane, d'une épaisseur inférieure à un centimètre. Elle est disposée à une certaine distance d'une paroi rigide. Ce dispositif est employé dans les salles de concert.

La sensibilité des mesures peut engendrer des variations assez importantes de l'audiométrie. Même dans un laboratoire, il n'est pas facile de traiter ce problème à 250 Hz. Il me semble déjà satisfaisant de parvenir à homogénéiser un peu le champ des fréquences moyennes et hautes.

Si je souhaite vérifier simplement la calibration de mon champ libre, quelles sont les valeurs que je dois avoir sur mon sonomètre ?

J.D. : Comme indiqué précédemment, il existe des seuils et des normes ISO pour le champ direct et le champ diffus. Les différences entre le champ libre et le champ diffus dans les très hautes fréquences sont faibles. C'est ce seuil qui doit apparaître sur le sonomètre. Les seuils d'audition de référence pour le champ diffus et champ libre sont donnés par bande d'octave et par tiers d'octave par la norme ISO 389-7

Peut-on conseiller une installation idéale des haut-parleurs (trois ou cinq) ?

J.D : Je conseille cinq haut-parleurs. Plus il existe de haut-parleurs, plus le champ est homogène. Certaines dispositions sont recommandées pour éviter des disparités. Ces installations permettent d'étudier des configurations où la source se place à différents endroits.

Avec cinq haut-parleurs, il est possible de conserver une bonne homogénéité. Ce choix dépend aussi de la qualité des haut-parleurs. Nous avons profité de conditions idéales, avec des moniteurs de studio performants, un très faible rapport signal sur bruit et un BASE avec 4,6 dBA de bruit de fond.

Quelle influence du bruit de fond aux inserts versus casque ?

J.D. :Pour l'instant aucune étude (de notre part en tout cas) n'a été menée pour voir l'impact du bruit de fond sur l'audiométrie aux inserts. Mais nous supposons que si les conditions de bruit de fond sont respectées pour l'audiométrie champ libre (autour de 30 dBA maximum d'après notre étude et 19,6 dBA d'après la norme ISO-8253-1 et 2 (valeurs difficile à obtenir)), il est fort possible qu'elles suffisent pour effectuer une bonne mesure aux inserts. Pour une audiométrie au casque, le niveau de bruit de fond maximal à 40 dBA est acceptable pour effectuer une bonne mesure. Qui peut le plus, peut le moins : 30 dBA maximum de bruit de fond dans sa cabine semble un bon compromis pour effectuer à la fois une audiométrie correcte en champ libre et en conséquence au casque et vibrateur. Le bruit de fond autour du point de réception dans une sphère est sensiblement le même qu'au fond du conduit. Il doit être le plus bas possible. Il est exclu de tolérer 10 dB de plus pour une mesure aux inserts.

Pour vos tests, les aides auditives ont-elles été réglées selon le pré-ciblage du fabricant ?

A.G. : Oui. Les méthodologies des logiciels comme NAL (National Acoustic Laboratories) ou LISN (Listening In Spatialized Noise) ne tiennent pas compte du fonctionnement des débruiteurs dont nous voulions vérifier l'impact.

Pourquoi désactiver les traitements de signal alors qu'ils sont actifs dans la vie courante ?

A.G. : L'objectif était de connaître leur impact : le gain prothétique varie-t-il selon la configuration ?Au quotidien, les patients ne rencontrent pas des sons wobulés ou des bruits à bande étroite. Le calcul du gain prothétique peut être biaisé. Nos mesures soulignent ce problème.

Toutes les enceintes sont-elles omnidirectionnelles dans les basses fréquences ?

J.D. : Certains systèmes présentent une petite directionnalité dans les basses fréquences. Cependant, les installations les plus classiques sont omnidirectionnelles. Pour cette raison et parce que vous les accrochez près d'un mur, il se produit une suramplification des basses qui risque d'occasionner des modes.

Pouvons-nous conclure qu'en champ libre les seuils ont une précision de 10 dB dans une cabine aux normes ?

J.D. : Notre étude montre que si le niveau de bruit de fond ne dépasse pas 30 dBA dans un local dédié à l'audiométrie tonale champ libre, l'erreur commise sur l'estimation la perte auditive est inférieure à 5 dBHL. Cette erreur reste inférieure au pas souvent utilisé en audiométrie tonale. C'est donc acceptable. Cependant même si le niveau de bruit de fond n'est pas dépassé, le champ acoustique généré par des haut-parleurs dans une cabine audiométrique peut être hétérogène dans la zone réceptrice du sujet testé. Nous avons constaté dans ce cas, une différence de niveaux entre 2 et 6 dB entre le demi-espace droit et gauche et entre le demi-espace avant et arrière d'une sphère de réception de 25 cm de rayon. Ces différences peuvent provoquer des disparités de perception si le sujet bouge légèrement la tête lors des mesures. Il faut donc être prudent à ce que le sujet testé ne bouge pas trop et tester la calibration en plusieurs points pour s'assurer que le champ n'est pas trop hétérogène. Le résultat dépendra du bruit de fond. Comme préconisé dans le Précis d'audioprothèse, autour d'une trentaine de dBA, il est possible de considérer qu'on se situe à un niveau inférieur ou égal à l'erreur de 5 dB HL. Avec 10 dB HL d'erreur, votre bruit de fond avoisine les 40 dBA. Notre valeur affichée correspondait à une moyenne de la perte tonale de plusieurs sujets sur les fréquences très importantes de l'audiométrie.

Est-il pertinent de faire les réglages d'appareils dans une cabine très insonorisée et peu réverbérante, qui ne représente pas le milieu acoustique standard du patient ?

J.D. :Si les réglages sont effectués dans un environnement sonore reconstitué à partir d'un système de multidiffusion et d'une banque de fichiers son représentatifs de la vie au quotidien (bruit de rue, cocktail party,..etc), il est plus prudent que la réverbération du local où sont effectués ces tests, ne vienne perturber le champ sonore ainsi généré. Un local traité est donc recommandé dans ce cas. Il est vrai qu'une vérification dans un local un peu réverbérant ou du moins proche de l'environnement sonore du quotidien, soit entreprise par la suite, en supplément, pour vérifier en "conditions réelles" les réglages, les traitements de l'aide auditive.

Pourquoi ne pas avoir fait la même étude avec les inserts? Merci

J.D. : Par manque de temps. Nous envisageons l'étude dans un futur proche.

Quelle est la configuration idéale avec 3 HP ?

J.D. : Une orientation de 30° pour les haut-parleurs droit et gauche (0° pour le haut-parleur central) placés à plus d'un 1,2 m (2 m dans l'idéal) du point central de réception donne une bonne configuration : le champ acoustique présente, d'après nos mesures, une bonne homogénéité. Bien sûr, éviter que les haut-parleurs ne se retrouvent positionnés à moins d'un mètre d'un mur, d'un angle ou d'un coin sans quoi des modes peuvent alors subvenir (rehaussement spectral d'émission en basses fréquences).

Peut-on alors conseiller une installation idéale des hp (3 ou 5 HP)?

J.D. : Dans le cas de 3 haut-parleurs : une orientation de 30° pour les haut-parleurs droit et gauche (0° pour le haut-parleur central).

Dans le cas de 5 haut-parleurs : une orientation autour de 40° pour les haut-parleurs droit et gauche avant, une orientation autour de 130° pour les haut-parleurs droit et gauche arrière, 0° pour le haut-parleur central.

Les haut-parleurs doivent être placés à plus d'un 1,2 m (2 m dans l'idéal) du point central de réception. Dans ces conditions, le champ acoustique présente, d'après nos mesures, une bonne homogénéité dans la sphère de réception de 25 cm de rayon.

La configuration contenant les 5 HP procure une meilleure répartition du champ acoustique et donc une meilleure homogénéité qu'avec 3 HP.

Bien sûr, éviter que les haut-parleurs ne se retrouvent positionnés à moins d'un mètre d'un mur, d'un angle ou d'un coin sans quoi des modes acoustiques peuvent alors subvenir (rehaussement spectral d'émission en basses fréquences).

Les diffuseurs de Schroeder sont-ils envisageables dans un labo d'audioprothesiste ?

J.D. : Oui bien sûr. Ils sont utilisés au Banc d'Essai au Seuil d'Audition de l'INRS mais aussi dans les studios d'enregistrement, les salles d'écoute,.... On peut s'en procurer chez les fabricants de matériaux acoustiques.

Pour avoir des bonnes conditions de test en "champ libre" en cabine, est-il préférable d'absorber ou de diffuser les ondes réverbérées ?

J.D. : Les deux. Il faut absorber pour éviter que le champ acoustique ne soit réverbérant et diffuser pour que celui-ci, généré par les haut-parleurs, soit le mieux répartis possible autour du point d'écoute.

L'hétérogénéité du champ est elle linéaire en intensité?

J.D. : Cela dépend de la qualité des haut-parleurs utilisés. Pour de fortes intensités, il est possible que la non-linéarité des haut-parleurs, la distorsion ne viennent perturber, modifier le spectre du champ sonore ainsi généré et par conséquent dégrader l'homogénéité du champ. A faible niveau pour la détermination des seuils auditifs, on peut penser que l'homogénéité du champ ne varie pas tro

Tous les AA étaient réglées sur une même base audiométrique ?

A.G. : Oui, toutes les AAs étaient paramétrées en se basant sur l'audiogramme de type KS100. Et chacune des AA étaient ensuite réglées sur la base de la méthodologie du fabricant, ceci pour une meilleure considération du comportement des débruiteurs.

Le champ libre doit-il finalement être réservé à une estimation globale plutôt qu'à une mesure précise ?

J.D. : Je ne pense pas. Le fait que la mesure soit effectuée en champ libre ne veut pas dire qu'elle sera globale ou approximative. Elle peut être précise si les conditions de bruit de fond sont respectées (niveaux inférieurs à 30 dBA) et si l'homogénéité du champ acoustique est bien assurée (variation des niveaux autour du sujet testé inférieure à au moins 3 dB quelle que soit la fréquence).

Pour vos tests, les aides auditives ont-t-elles été réglées selon le pré-ciblage fabricant?

A.G. : Oui chacune des AA étaient réglées sur la base de la méthodologie du fabricant, ceci pour une meilleure considération du comportement des débruiteurs.

Pourquoi désactiver les traitements de signal alors qu'ils sont actifs dans la vie courante ?

A.G. : Désactiver les débruiteurs était la base de notre travail et était considéré comme notre référence d'analyse. Bien entendu, il ne s'agit pas d'une recommandation de réglage mais davantage un paramétrage nécessaire pour connaître leur impact sur l'audiométrie tonale en champ libre.

Est il préférable d'avoir 5 HP au mur ou au plafond?

J.D. :Surement pas car si les haut-parleurs ne se retrouvent positionnés à moins d'un mètre d'un mur, d'un angle ou d'un coin, des modes acoustiques peuvent alors subvenir à cause du rehaussement spectral d'émission en basses fréquences (6 dB, 12 dB et 18 dB respectivement contre une paroi, dans un angle ou un coin).

Les fabricants ne devraient-ils pas donner des recommandations quant aux signaux à utiliser pour tester leurs appareils ?

A.G. : Ils pourraient effectivement apporter des recommandations, et comme exposé, le signal wobulé semble être le plus robuste. Mais il est aussi important pour nous de questionner notre pratique régulièrement et conduire de telles analyses nous aide à comprendre ce que nous faisons.

Lors d'un test de localisation sonore, le champ sonore diffus est-il proscrit ?Comment organiser la distance HP / patient pour alterner tests localisations et tests prothétiques tonals/vocales ?

Pour la localisation spatiale ou l'audiométrie vocale, le champ diffus est effectivement à proscrire. Dans le cas de 3 haut-parleurs une orientation de 30° pour les haut-parleurs droit et gauche (0° pour le haut-parleur central) est conseillée.

Dans le cas de 5 haut-parleurs :

  • une orientation autour de 40° pour les haut-parleurs droit et gauche avant,
  • une orientation autour de 130° pour les haut-parleurs droit et gauche arrière,
  • 0° pour le haut-parleur central est conseillée.

Les haut-parleurs doivent être placés à plus d'un 1,2 m (2 m dans l'idéal) du point central de réception. Dans ces conditions, le champ acoustique présente, d'après nos mesures, une bonne homogénéité dans la sphère de réception de 25 cm de rayon.

La configuration contenant les 5 HP procure une meilleure répartition du champ acoustique et donc une meilleure homogénéité qu'avec 3 HP.

Bien sûr, éviter que les haut-parleurs ne se retrouvent positionnés à moins d'un mètre d'un mur, d'un angle ou d'un coin sans quoi des modes acoustiques peuvent alors subvenir (rehaussement spectral d'émission en basses fréquences). Le local doit être traité à l'aide matériaux absorbants. Pas de diffuseurs sur les parois pour la localisation spatiale, et l'audiométrie vocale car ce sont les haut-parleurs en fonction de leur emplacement, leur orientation qui produisent la direction souhaitée des sons.

Par contre, pour l'audiométrie tonale en champ libre, les diffuseurs acoustiques sont conseillés car ils permettent de répartir et homogénéiser le champ acoustique. Pour ce type d'audiométrie, le champ ne doit pas être rendu hétérogène par le champ direct ou une directivité prédominante d'un haut-parleur dans le local.

Nous pensons que l'audioprothésiste doit disposer d'une cabine pour l'audiométrie tonale et d'une autre salle dédiée à la localisation et à l'audiométrie vocale.




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