Collège National d'Audioprothèse

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Des mesures objectives aux tests subjectifs : le gain d'insertion peut-il prédire le seuil tonal en champ libre ? Le SII (Speech Intelligibility Index) peut-il pronostiquer l'intelligibilité ?

Céline GUEMAS / Xavier DELERCE

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Vous répondez non à 80 %. Pourtant, sans le savoir, vous le pratiquez en permanence. Vos formules sont basées sur le SII pour faire émerger les indices de la parole

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Vous avez répondu avec raison qu'ils ont tendance à se sous-estimer.

Les conversions SII et pourcentage de compréhension sont-elles valables pour les tests en français, notamment Lafon cochléaire ?

X.D. : Le HINT est le seul test américain qui ait son pendant français. Autant il est possible, pour ses phrases, d'établir une corrélation entre les SII américains et français, autant les autres tests ne présentent pas des listes comme le Connected Speech Test (CST).

(Arnaud COEZ)Le NAL-NL2 repose sur le SII. Nous avons montré, l'année dernière, que l'audioprothésiste parvient à atteindre une très bonne intelligibilité, alors que le but de cette méthode est d'optimiser l'intelligibilité du malentendant. N'est-ce pas lié au fait que cette méthode est australienne et utilise l'anglais ? En français, nous obtenons de piteux résultats liés essentiellement à la langue.

Peut-on faire une mesure du SII avec n'importe quelle voix ?

X.D. : Le SII vaut pour n'importe quel signal. Il existe néanmoins beaucoup de pondérations. Notamment, si je vous parle à 65 dB, vous m'entendez, mais si j'articule excessivement mal, vous ne me comprendrez pas. La diction doit être bonne.

Une question demandait si nous pouvions le faire avec des tests de Lafon. Il est possible de calculer un SII théorique sur des bases d'un test de Lafon. Néanmoins, je serais plus circonspect sur la possibilité de relier un pourcentage d'intelligibilité à un SII. Le Lafon existe en anglais. Cependant, contrairement au HINT, il n'existe pas de phrases de test de SII conçues avec le Lafon.

J'ai trouvé très intéressant le test d'intelligibilité perçue. Existe-t-il une corrélation avec un questionnaire de satisfaction de l'appareillage ?

X.D. : Je n'ai pas étudié ce point et le regrette.

Quelle est l'influence de la sonde in vivo sur la mesure du gain ?

C.G. : J'imagine que la question porte sur le positionnement de la sonde. La mesure ne sera reproductible et valable que si la sonde est correctement placée à moins de 5 millimètres du tympan. Il est nécessaire que la cabine soit aux normes et que le patient soit situé à moins de 1 mètre du haut-parleur.

Que dire d'un SII excellent, mais dû à une sur-correction du 1 kHz, alors que les hautes fréquences sont mal corrigées ?"

X.D. : Le SII compensera. Lorsque la voix est trop forte, le SII plafonne voire se dégrade. Si une fréquence est sur-corrigée par rapport à une autre, elle deviendra prédominante. Il est possible que le SII en tienne compte. Cette fréquence fera par exemple monter le niveau global de la voix. Si nous sommes en tiers d'octave, il existe 18 bandes de tiers d'octave. A 1 000 Hz nous obtiendrons une bande de tiers d'octave à 232 Hz. J'ignore si cela influencera la moyenne à 5 dB près ou à 10 dB de trop.

Peut-on mesurer le SII dans le bruit afin de prédire l'intelligibilité dans le bruit ?

X.D. : Il est techniquement possible de calculer le SII si on connait les caractéristiques du signal de parole et du bruit. Une aide auditive est également capable, après analyse d'estimer dans un signal parole+bruit, ce qui est de l'ordre de la parole et ce qui est de l'ordre du bruit, afin de maximiser le RSB, donc d'avoir le meilleur SII possible.

Par contre, nous avons vu que le calcul théorique du SII à partir du bruit et de la parole isolés à la sortie de l'aide auditive (par la technique de séparation des signaux de Hagerman & Olofsson par exemple), n'arrive pas à prédire l'intelligibilité d'un patient dans le bruit : l'intelligibilité dans le bruit fait appel à des capacités supérieures (centrales, mémorielles, de concentration, etc.) très variables d'un individu à l'autre, et impossible à modéliser par le SII.

A contrario, le SII semble assez bien prédire l'intelligibilité dans le calme chez le malentendant.

Que dire d'un SII excellent mais dû par exemple à une sur-correction à 1 kHz alors que les hautes fréquences sont mal corrigées ?

X.D. : Tout va dépendre du niveau de sur-correction (5dB ? 15dB ?) et de sous-correction du reste. Une zone fréquentielle très sur-corrigée va détériorer le SII car une pondération de niveau s'applique aux sons forts. Mathématiquement, une zone restreinte sur-amplifiée n'arrivera pas à "améliorer" le SII au point qu'il devienne "excellent" si le reste est sous-corrigé, surtout en bandes de 1/3 d'octaves.

Les conversions SII - % de compréhension sont-elles valables pour les tests en français ? (Lafon Cochléaire)

X.D. : Non, sauf pour les tests de phrases, et plus précisément le HINT (Hearing In Noise Test) qui est le seul test existant et validé en anglais et en français.

Pourquoi utilise-t-on un affichage du spectre en tiers d'octave ?

X.D. : L'affichage et l'analyse du signal en 1/3 d'octave est utilisé le plus souvent car il est celui qui se rapproche le plus de la largeur des bandes critiques :

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Peut-on faire une mesure de SII avec n'importe quelle voix ?

X.D. : Oui, n'importe quel signal de parole, éventuellement perturbé par un bruit, si on en connait les caractéristiques spectrales.

Et les dissyllabiques de Lafon ?

X.D. : Il n'est pas interdit de calculer le SII avec ces listes, mais il n'existe pas de conversion acceptée SII/Intelligibilité pour ces listes spécifiques.




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