Collège National d'Audioprothèse

Collège National d'Audioprothèse

Intérêts et limites de l'audiométrie tonale liminaire et supraliminaire

Hervé BISCHOFF / Thomas ROY

Sondage

10-01.png

83 votes reçus

10-02.png

55 votes reçus

10-03.png

36 votes reçus

Que peut-on considérer comme un “bon” seuil de confort ?

T.R. : Pour un patient sans particularité excessive ni surdité congénitale, un bon seuil de confort consisterait à le normaliser à 70 dB SPL sur l'ensemble des fréquences. Il convient de prendre les valeurs de référence fréquence par fréquence, car quelques écarts apparaissent autour de 60 ou 70 dB SPL. Cette normalisation est atteignable, même pour des surdités sévères à profondes.

Le seuil d'inconfort évolue-t-il dans le temps ?

T.R. : Théoriquement, les patients n'évoluent guère. Quand nous ne forçons pas le niveau de confort dynamique, le changement est modéré. Il en va de même lorsque le niveau d'inconfort est respecté. Au contraire, en plaçant un niveau de sortie maximum à 10 ou 15 dB au-dessus du niveau d'inconfort, celui-ci change.

J'effectue les tests de confort et d'inconfort simultanément. Je profite de l'évaluation supraliminaire pour demander si le niveau est convenable. Près de la valeur à cerner, est-il préférable de passer au décibel ou de progresser par pas de 5 dB ?

T.R. : Tout dépend du recrutement initial. Si le patient est atteint d'une surdité sévère à profonde, avec un recrutement marqué, il est judicieux de procéder par décibel. J'ai montré l'exemple d'une patiente qui présentait une surdité moyenne à sévère. Pour des surdités légères, il n'est déjà pas toujours évident d'adopter un pas de 5 dB. Dans le cas présent, nous avons un port de prothèses. Compte tenu de l'impact des signaux, de l'incertitude de l'étalonnage, je ne suis pas persuadé qu'il faille travailler au décibel près.

Les valeurs de MCL ou d'UCL (Unconfortable Level) évoluent-elles dans la semaine ou les quinze jours qui précèdent l'appareillage ?

T.R. : Chaque fois que nous revoyons nos patients, nous mesurons le seuil, le confort et l'inconfort.

Le faites-vous sans appareil au départ ?

T.R. : Oui.

Vous effectuez un test de confort avec prothèses oreilles séparées. Fais-tu de même avec les deux oreilles appareillées ?

T.R. : Après avoir mesuré mes deux niveaux de confort oreille par oreille, je mesure les deux oreilles simultanément en cas d'inconfort persistant.

H.B.: Cela me semble d'autant plus nécessaire que nos valeurs de sommation binaurale correspondent à des référentiels oreilles nues. Avec ces transferts d'information d'une prothèse sur l'autre, nous ne sommes jamais assurés que les traitements des signaux ne subissent pas une sommation.

Je suis toujours surpris que la vocale ne soit pas intégrée à la réflexion. Or tu procèdes à une modification uniquement sur ton seuil avant d'effectuer la vocale.

T.R. : A court terme, je procède ainsi. Je ne persévère que si j'observe des discordances qualitatives entre tonale et vocale.

Si un patient sort de ta boutique dans la rue et subit trop de bruit. Il revient chez toi précipitamment. Que fais-tu ?

T.R. :Si le confort et la dynamique sont respectés, si l'inconfort a été mesuré, géré et traité correctement, il n'y a pas de raison, sauf manque de prise en charge psychologique ou de pédagogie, que le patient revienne.

La question parallèle est celle du stimulus utilisé pour réaliser l'UCL. Si j'ai bien compris, vous utilisez des sons purs wobulés, qui n'ont rien à voir avec la vraie vie, comme le dit la patiente.

T.R. : Si nous baissons exagérément sans dégrader la dynamique vocale, nous trouvons normalement des niveaux situés bien en dessous du niveau d'inconfort, sauf pour des pertes très importantes.

Nous avons vu qu'il existe un risque d'inexactitude assez importante en champ libre. La réponse pour un seuil de confort comme d'inconfort est par définition subjective. Elle comporte donc un risque d'imprécision et de non-reproductibilité. En additionnant toutes ces approximations, en tenant compte des différents protocoles, pourquoi ces mesures seraient-elles plus pertinentes que le counselling, l'anamnèse, l'écoute du client ou la valeur statistique donnée par certaines méthodes comme DSL ?

H.B.: Une mesure ou une information particulière ne prescrivent pas l'ensemble des correctifs. Il convient de tenir compte du patient dans sa globalité. L'information pour une personne donnée sera relativement stable et reproductible. En revanche, la manière de procéder, d'un audioprothésiste à l'autre, pourra amener des biais.




©2017 Collège National d'Audioprothèse - Tous droits réservés - Site réalisé par Audition France Innovation