Collège National d'Audioprothèse

Collège National d'Audioprothèse

Point de vue de l'otho-rhino-laryngologiste

Professeur Mathieu MARX

Questions-Réponses

Christian RENARD

Vous conseillez aux audioprothésistes de réaliser ces questionnaires pour mesurer l'efficacité de l'appareillage. Sous quel délai et selon quelle fréquence préconisez-vous de l'effectuer ?

Professeur Mathieu MARX

Il convient de respecter un temps d'acclimatation. Il n'est pas envisageable de l'effectuer après la période d'essai. Un délai de six mois semble raisonnable pour mettre en évidence un changement. Le suivi longitudinal à six mois, un ou deux ans peut être intéressant. Pour l'implant, dès les six premiers mois, l'impact sur la qualité de vie générique est déjà démontré. Il doit en être de même pour la réhabilitation audioprothétique.

Stéphane LAURENT

Au final, le patient doit être évalué individuellement. Vous avez fort justement soulevé les questions de la qualité de vie évaluée sur un grand nombre de sujets et des impacts de ces enquêtes sur les remboursements.

La prochaine question met en exergue la collaboration entre les audioprothésistes et les ORL : "Le compte rendu d'appareillage est très peu lu par les prescripteurs. Quelle est votre opinion sur ce constat ? Qu'est-ce qui pourrait modifier cet état de fait ?"

Professeur Mathieu MARX

Ce constat n'est pas faux. Un grand nombre d'ORL reçoivent le compte rendu et ne le lisent pas. Il convient toutefois de reconnaître que les mentalités changent. La plupart des jeunes otologistes et audiologistes sont très sensibles au retour et à l'échange transdisciplinaire avec les orthophonistes et audioprothésistes.

Personnellement, il m'arrive plus fréquemment de demander un compte rendu audioprothétique que de ne pas le lire. Pour changer cet état de fait, je n'envisage que la pédagogie, y compris auprès des médecins ORL.

Le patient presbyacousique a longtemps été relégué dans la consultation. Des changements sont intervenus au vu de l'impact de la surdité sur les facultés cognitives. Néanmoins, seule la pédagogie et les enseignements postuniversitaires réguliers auprès des ORL libéraux pourront faire aboutir cette évolution.

Eric BIZAGUET

J'ai fait partie d'une commission avec le professeur Fraysse. Cette recommandation n'a pas abouti, puisqu'elle s'intégrait dans une nouvelle analyse de la prescription médicale, mais aussi dans le remboursement des prothèses auditives. Le CEPS (Comité Economique des Produits de Santé) est en charge du dossier. Pour la pratique clinique, cette recommandation ne présente pas d'obligation légale. Nous espérons l'adosser à la signature d'une nouvelle convention, puisque la dernière date de 1993.

Nous menons d'importants travaux sur l'épidémiologie, le rapport entre le coût et la qualité de vie, aidés en cela par des études américaines et françaises. L'UNSAF a engagé un certain nombre de démarches. Nous avons bon espoir que les pouvoirs publics viennent nous aider à réduire les pertes de chances. Sur cinq ans, une prothèse auditive ne revient qu'à un euro par jour. Nous vous transmettrons ces résultats fin 2016.

Professeur Mathieu MARX

Vous prêchez un convaincu. Les médicaments pour la maladie d'Alzheimer et les troubles cognitifs sont pris en charge alors qu'ils n'ont pas apporté la preuve de leur efficacité. A contrario, la réhabilitation audioprothétique, même si les gériatres sont encore sur la réserve, constitue le seul traitement efficace.

Eric BIZAGUET

A 60 ans, une personne souffrant d'une surdité légère perd sept ans de vie cognitive si elle n'est pas appareillée.




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